12 novembre 2016 ~ 2 Commentaires

Encore un matin, un matin pour rien…

Source : gqmagazine.fr

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… une argile au creux de mes mains…

Depuis quelques temps déjà, je trouve que cette chanson géniale de Jean-Jacques Goldman est plus que jamais de circonstance, quand je me lève le matin, tirée de mes rêves bizarres de visites de maisons en ruines par la musique de Sonic the Hedgehog (oui c’est la musique que j’ai mise pour la fonction réveil de mon portable ^^)…

En effet, je me dis qu’« un matin, ça ne sert à rien » quand c’est pour aller travailler pour une boîte agonisante. Car depuis 2014, année du licenciement économique de 8 de mes collègues, tout le monde sait dans l’entreprise que nous sommes en difficulté, et qu’un jour ou l’autre, c’est nous qui risquons d’être licenciés si la situation économique de la boîte ne s’améliore pas. Et je peux vous dire que dans une TPE, la perte de 8 personnes, c’est comme l’amputation d’un de ses membres, c’est très difficile à vivre personnellement (dire au revoir à des collègues qui ont les larmes aux yeux, et qu’on a appris à apprécier, c’est vraiment un sale moment, d’autant qu’on se sent con face à eux vu que nous, on n’est pas licencié) et professionnellement (difficile de se motiver à bosser dans une telle ambiance, en plus tout est réorganisé, certaines tâches sont réparties entre ceux qui restent, résultat, surplus de boulot, et puis dans des moments comme ça on s’interroge sur l’avenir de la boîte, et donc sur notre éventuel futur retour chez Pôle Emploi, c’est inévitable)…

vivelechomage.canalblog.com

Source : vivelechomage.canalblog.com

Et forcément, le « miracle économique » n’a pas eu lieu : depuis quelque temps, nous savons de manière officielle que la situation de l’entreprise est catastrophique, et que celle-ci survivra à peine d’ici le départ en retraite du PDG (soit en juin ou juillet 2017). Aujourd’hui, les espoirs ténus que nous avions de voir la situation s’améliorer quelque peu, notamment grâce à de nouveaux projets, de nouveaux produits et un nouveau fonctionnement de certains des services que nous proposons aux clients, se sont envolés. Il faut dire que concernant les projets, étant donné que nous sommes une petite boîte, cela nous prenait trop de temps à mettre en place, résultat, on se faisait damer le pion par une concurrence contre laquelle on ne peut pas lutter. Et puis il n’y a pas que ça : nos principaux clients sont des collectivités territoriales, or ces dernières ont vu leurs dotations fondre comme neige au soleil, résultat : restriction budgétaire, alors on sacrifie les dépenses qui ne sont pas indispensables, et parmi elles, l’abonnement à nos services et à nos publications… Bon il y a aussi d’autres raisons à ce naufrage, mais je ne vais pas entrer dans les détails…

Donc en résumé, à l’heure actuelle je me lève le matin pour assurer un taf que je n’aurai plus d’ici 8 mois grand max… Motivant, n’est-ce pas ?

Source : Monboncoin

Source : Monboncoin

Et outre la situation digne du Titanic dans laquelle se trouve l’entreprise (non, Céline, tais-toi, ne nous chante pas la chanson du film !!!), il y a d’autres « petits détails » quotidiens qui certains jours me font regretter de ne pas m’être fait porter pâle pour ne pas sortir de sous ma couette chaude et douillette…

Par exemple :

 

  •  le gros con d’informaticien, qui n’a d’informaticien que l’intitulé de poste, ce bon à rien qui n’assume jamais la moindre de ses erreurs (et pourtant elles sont nombreuses), qui est l’allégorie de la paresse, qui passe son temps à faire semblant de bosser alors qu’il regarde des vidéos débiles à longueur de temps, ou qu’il déambule dans les bureaux à la recherche de quelqu’un avec qui parler du foie gras qu’il a mangé pendant le week-end… Celui-là, je ne le supporte plus, et c’est le cas de tout le monde dans la boîte sauf le patron qui lui voue une confiance aveugle (et on se demande bien pourquoi) !
  • ma cheffe, qui certains jours est de mauvaise humeur et est donc particulièrement casse-couilles : elle râle pour un rien, panique (on dirait une gamine, or si t’as pas les épaules pour être cheffe, tu laisses ta place, c’est pas compliqué), me reproche des choses que je ne gère pas (faut pas oublier que je ne suis qu’assistante, et que je touche le salaire qui va avec, donc il y a certaines responsabilités qui ne sont pas miennes et que je refuse d’endosser, assistante ne signifie ni suppléante des chefs de service, ni bonniche, ni paillasson !). Déjà je ne porte pas ma cheffe dans mon cœur : elle m’énerve quand elle fait des fautes de grammaire à l’oral, quand elle mâche bruyamment son chewing-gum la bouche ouverte tous les aprêms (mais bon, le matin j’ai droit à son haleine fétide donc je préfère encore qu’elle « rumine »), quand elle me reproche de prendre des pauses trop longues alors que je ne prends qu’une pause par jour, de 20 min, qui est la pause légale, de trop discuter avec les collègues alors qu’elle passe + d’une demi-heure à discuter et rire bêtement dans le bureau juste à côté du mien (les murs ne sont pas épais), quand elle me refile des tâches ingrates merdiques à faire à sa place parce que madame n’a soi-disant pas le temps…
  • mes collègues du service : je les apprécie, c’est vrai, mais ce qui m’énerve c’est que devant la cheffe elles font celles qui sont de son côté, mais dès que celle-ci n’est pas là elles la critiquent sur sa façon de gérer le service…
  • etc.

Voilà donc vous comprenez mieux maintenant, chers lecteurs, comment moi, la littéraire qui a eu la chance de décrocher un CDI à temps plein dans une maison d’édition (le truc inespéré quoi), je peux être totalement démotivée à l’idée de me lever le matin pour faire mon job…

2 Réponses à “Encore un matin, un matin pour rien…”

  1. Les informaticiens je crois que c’est le job… On en a un au lycée, mais n’importe quoi… Vraiment…

    Rien d’amusant par contre dans la situation de la boite… ça fait chronique d’une catastrophe annoncée… Exactement comme le titanic… vous savez que vous allez vous planter, mais vous y allez parce que pas le choix… dur.
    Beaucoup de courage pour la suite en espérant le job de rêve.

  2. Tu sais, tous les informaticiens ne sont pas comme ça, par exemple mon ancien collègue, que j’adorais (et que pratiquement tout le monde adorait dans la boîte), qui faisait bien son boulot, se rendait dispo quand on avait un souci d’ordi, était drôle, sympa, dynamique, serviable… mais qui (malheureusement pour nous mais heureusement pour lui) a démissionné pour un CDI dans une boîte où il n’est pas pris pour le larbin pendant que son chef de service se la coule douce…

    Concernant la boîte, le seul truc qui arrive encore un tant soit peu à me motiver, c’est le salaire, et aussi la formation : je vais faire une formation de 4 jours sur les bases de Photoshop et me renseigner pour faire une VAE, histoire de mettre un diplôme sur ce que je fais dans ma boîte. Mais c’est dur de trouver un diplôme qui corresponde à mon poste, car oui je suis assistante de rédaction, mais on a certaines spécificités du fait qu’on édite une revue, un guide sur fiches et sur internet, de l’actu sur internet, des livres…
    M’enfin on verra bien !


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